Marcher dans les pas de Simone...
Marcher dans les pas de Simone…
Vieux n’est pas un gros mot !
22 juin 2018

Le chemin qui aura mené Simone Veil des camps d’Auschwitz aux marches du Panthéon aura souvent été sinueux, douloureux et finalement magnifié par son courage et sa force. Image iconique d’un féminisme combatif, elle a ouvert des débats qui résonnent encore d’actualité.
En 1974, elle défendait le droit aux femmes à disposer librement de leur corps. Devant un parterre de députés presque exclusivement masculin. Devant un public qui pensait encore majoritairement que le rôle de la femme était d’entretenir sa maison et d’élever ses enfants. Tant de chemin parcouru. Tant de chemin à faire encore…
En 2018, le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes (HCE) publie un rapport qui met en exergue les violences obstétricales et gynécologiques faites aux femmes. Parce qu’aujourd’hui encore le corps de la femme est touché, jugé, malmené… sans qu’on ne lui demande son avis. Lors d’une interview récemment accordée à Europe 1, Danielle Bousquet, présidente du HCE, précise « Ca ne veut pas dire que les professionnels sont volontairement maltraitants. Ils sont éventuellement maltraitants sans se rendre compte qu’ils le sont. Pour autant, pour les femmes ce sont des actes de maltraitance extrêmement violents qui peuvent avoir sur elles des conséquences importantes*».

La loi des Hommes vs la loi de la nature

Certaines pratiques ancestrales puisent leurs origines dans une idéologie d’un autre temps, sans envisager des comportements qui seraient plus naturels et plus appropriés. Lors de l’accouchement par exemple, le décubitus dorsal (allongé sur le dos) est la position la plus utilisée (89%) et pourtant, elle empêche l’action de la gravité lors de la phase de travail. Très inconfortable et ne permettant pas de soulager les douleurs, elle devient pourtant « la seule convenable, aux yeux également de l’Eglise, qui voyait dans les autres positions un comportement bestial voire indécent** ». La contrainte des positions imposées, les douleurs qu’elles procurent et les avancées de la médecine ont ouvert la voie à une surmédicalisation de l’accouchement, entraînant une pratique trop fréquente de la péridurale et de l’épisiotomie. Épisiotomie pratiquée parfois sans que la femme n’en soit avertie, sans qu’elle ne donne son consentement.

Trouver le juste équilibre

Le monde obstétrical n’est pas le seul à blâmer dans cette course aux solutions médicales systématiques. Les mouvements féministes ont également contribué à cette surmédicalisation, défendant le droit des femmes à ne pas enfanter dans la douleur. Aujourd’hui, d’autres voix s’élèvent en opposition totale, qui préconisent un accouchement complètement naturel. Entre les deux, il existe un équilibre qui passera par l’information sur les alternatives qui existent et la possibilité laissée aux femmes de choisir. Cette notion de choix est primordiale et a déjà fait son chemin dans les esprits chez Linet. C’est un sujet que nous avions déjà abordé ici et ici.
Dans cette lignée, Danielle Bousquet ajoute « Il est temps d’informer les femmes de leur droit et du fait qu’elles ont le droit de choisir la position qu’elles veulent avoir pendant l’accouchement. Remettre les femmes au cœur de ce dispositif de la naissance. (…) c’est leur accouchement et c’est leur parole qui doit compter lorsqu’il n’y a pas d’impératifs médicaux.

Informer pour laisser le choix

Informer est primordial. En parcourant le rapport de la HCE, je découvre qu’il existe plusieurs positions pour pratiquer les examens gynécologiques, des alternatives dont je n’avais pas connaissance, qu’on ne m’a jamais proposées… Car finalement, pour choisir, il faut savoir qu’on a le choix !

CG


*Propos extraits de l'interview du 29 juin 2018 sur Europe 1 (présentation du sujet à 5min12 - interview à 24min07)

**Extrait du Rapport Les actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical

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