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Qu’on le veuille ou non, au bout du chemin il y a la fin de vie. Cette fin de vie qui fait débat, quand le corps est si douloureux qu’on veuille y mettre un terme avant l’heure. En entendre parler, c’est une chose, le vivre personnellement, professionnellement ou par le biais d’un proche en est une autre. Loin des considérations éthiques, on se retrouve face à une réalité individuelle qui fait appel bien plus aux émotions qu’à la raison.

Le difficile choix

On avait déjà abordé le manque de lits en soins palliatifs en France ici. C’est un sujet qui nous intéresse et c’est pour cette raison de nous développons du matériel aidant. On y revient aujourd’hui d’un point de vue plus idéologique. Sans entrer dans les discussions du pour ou du contre la fin de vie programmée, force est de constater que la loi n’est pas une réponse à tout. Elle donne un cadre juridique général entre ce qui est autorisé et ce qui ne l’est pas mais on se rend vite compte que dans la pratique l’équipe soignante doit gérer les prises de décisions le moment venu en jonglant avec la règlementation et les sentiments humains. Agathe Haudiquet, Maître de conférences en Sciences de l’éducation à l’Université de Lille dit* « on se rend compte que malgré le dispositif législatif réglementaire c’est encore une question qui est réglée par les personnes prises individuellement dans le cadre de pratiques isolées et qui ne sont surtout pas prises en charge collectivement au niveau de la responsabilité. On est souvent dans un mille-feuilles de responsabilités individuelles plutôt que dans une responsabilité qui, de mon point de vue, aurait intérêt à être collective. »

Une question d’éducation

Au-delà de nos croyances et de nos valeurs morales, une meilleure éducation en la matière faciliterait les choses. En effet, comme l’évoque le docteur Anne Cadier - médecin sur l’équipe mobile des soins palliatifs de l’hôpital de Bayonne – la formation des médecins ne les prépare pas à cette partie de médecine. « *En médecine, on est des sauveurs. On est formés pour ça, pour guérir. On est formatés. En cours on n’apprend jamais à accompagner les gens vers la mort alors qu’on y va tous. ». Même dans ce milieu, la mort est un sujet tabou et celle d’un patient souvent accompagnée d’un sentiment d’échec. Au contraire, affirme Jean-Luc Romero** dans une lettre ouverte « Ce qui est un échec pour le médecin, c’est lorsque le patient souffre ».

Mettre le patient au cœur de sa décision

L’idée semble évidente et pourtant, elle est loin de l’être. La décision d’un jour n’est pas celle du lendemain. Plusieurs médecins et patients en fin de vie s’expriment à ce propos dans le reportage « De la fin de vie à la bonne mort » diffusé sur France inter. Et même si le patient a donné des instructions claires, les médecins vérifient qu’au jour J, cette décision est toujours d’actualité. Rien ne doit être gravé dans le marbre en la matière et le droit de changer d’avis reste la règle.

CG


*Propos extraits du reportage De la fin de vie à la bonne mort – France Inter

**Jean-Luc Romero : président de l’association pour le droit à mourir dans la dignité

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3 Comments

  1. BINET dit :

    Un article simple et clair sur une situation qui bien est loin de l’être encore, malheureusement aujourd’hui

  2. Savy Arlette dit :

    Que l’on veuille mettre,soi même, un terme à sa vie me semble normal et ce pour différentes raisons …
    La souffrance physique d’abord , le refus d’être une charge pour sa famille et enfin pouŕ la collectivité qui ne pourra plus assumer les budgets colossaux que représenteront dans quelques années les soins aux personnes de plus en plus agées et donc de + en + dépendantes

    • Dr Quinet dit :

      Ne vous inquiétez pas nos politiques y pensent et c est pour cela qu ils veulent libéraliser l euthanasie. Nous dépensons autant dans les 6 derniers mois de notre vie que dans toute notre vie . Donc si on pouvait abréger de quelques mois la vie de tout le monde plus de déficit de la sécu et des caisses de retraite.
      Par contre individuellement la demande des patients est fort différente.

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