Marcher dans les pas de Simone...
Marcher dans les pas de Simone…
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Le chemin qui aura mené Simone Veil des camps d’Auschwitz aux marches du Panthéon aura souvent été sinueux, douloureux et finalement magnifié par son courage et sa force. Image iconique d’un féminisme combatif, elle a ouvert des débats qui résonnent encore d’actualité.
En 1974, elle défendait le droit aux femmes à disposer librement de leur corps. Devant un parterre de députés presque exclusivement masculin. Devant un public qui pensait encore majoritairement que le rôle de la femme était d’entretenir sa maison et d’élever ses enfants. Tant de chemin parcouru. Tant de chemin à faire encore…
En 2018, le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes (HCE) publie un rapport qui met en exergue les violences obstétricales et gynécologiques faites aux femmes. Parce qu’aujourd’hui encore le corps de la femme est touché, jugé, malmené… sans qu’on ne lui demande son avis. Lors d’une interview récemment accordée à Europe 1, Danielle Bousquet, présidente du HCE, précise « Ca ne veut pas dire que les professionnels sont volontairement maltraitants. Ils sont éventuellement maltraitants sans se rendre compte qu’ils le sont. Pour autant, pour les femmes ce sont des actes de maltraitance extrêmement violents qui peuvent avoir sur elles des conséquences importantes*».

La loi des Hommes vs la loi de la nature

Certaines pratiques ancestrales puisent leurs origines dans une idéologie d’un autre temps, sans envisager des comportements qui seraient plus naturels et plus appropriés. Lors de l’accouchement par exemple, le décubitus dorsal (allongé sur le dos) est la position la plus utilisée (89%) et pourtant, elle empêche l’action de la gravité lors de la phase de travail. Très inconfortable et ne permettant pas de soulager les douleurs, elle devient pourtant « la seule convenable, aux yeux également de l’Eglise, qui voyait dans les autres positions un comportement bestial voire indécent** ». La contrainte des positions imposées, les douleurs qu’elles procurent et les avancées de la médecine ont ouvert la voie à une surmédicalisation de l’accouchement, entraînant une pratique trop fréquente de la péridurale et de l’épisiotomie. Épisiotomie pratiquée parfois sans que la femme n’en soit avertie, sans qu’elle ne donne son consentement.

Trouver le juste équilibre

Le monde obstétrical n’est pas le seul à blâmer dans cette course aux solutions médicales systématiques. Les mouvements féministes ont également contribué à cette surmédicalisation, défendant le droit des femmes à ne pas enfanter dans la douleur. Aujourd’hui, d’autres voix s’élèvent en opposition totale, qui préconisent un accouchement complètement naturel. Entre les deux, il existe un équilibre qui passera par l’information sur les alternatives qui existent et la possibilité laissée aux femmes de choisir. Cette notion de choix est primordiale et a déjà fait son chemin dans les esprits chez Linet. C’est un sujet que nous avions déjà abordé ici et ici.
Dans cette lignée, Danielle Bousquet ajoute « Il est temps d’informer les femmes de leur droit et du fait qu’elles ont le droit de choisir la position qu’elles veulent avoir pendant l’accouchement. Remettre les femmes au cœur de ce dispositif de la naissance. (…) c’est leur accouchement et c’est leur parole qui doit compter lorsqu’il n’y a pas d’impératifs médicaux.

Informer pour laisser le choix

Informer est primordial. En parcourant le rapport de la HCE, je découvre qu’il existe plusieurs positions pour pratiquer les examens gynécologiques, des alternatives dont je n’avais pas connaissance, qu’on ne m’a jamais proposées… Car finalement, pour choisir, il faut savoir qu’on a le choix !

CG


*Propos extraits de l'interview du 29 juin 2018 sur Europe 1 (présentation du sujet à 5min12 - interview à 24min07)

**Extrait du Rapport Les actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical

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7 Comments

  1. RANALDI dit :

    Oui les médecins nous prennent pour des vaches … au bout de 12 h de souffrances le médecin a décidé à 10h du matin , de me faire une césarienne, donc il est parti travailler dans son cabinet privé, est allé déjeuner…. et est revenu à 14h avec l anesthésiste qui a demandé ce que j avais à souffrir comme cela ! Ils m ont ouvert le ventre sous péridurale …. 4 h de souffrances supplémentaires pour leur confort personnel …. j ai eu l’impr D être moins bien traitée qu une vache …

  2. Bory dit :

    Bonjour. Il est 7 heures du matin. Je suis à l’hipital depuis hier matin 8 heures, et je ne termine ma garde que dans 2 heures encore… soit un peu plus de 24hs de présence. Je viens d’aider une patiente à accoucher. Nous avons dû faire une césarienne car son bébé regardait en l’air et ne descendait pas dans le bassin. Je me suis occupée d’elle, avec toute l’equipe, entre 4h et 6h du matin, après une journée déjà plus que chargée, et je ne vous parle pas de la semaine puisque entre deux gardes de 24 heures (et même 25 pour cette garde de vendredi à samedi!) et deux journées pleines de consultations j’aurai bossé près de 70 heures cette semaine!! Dans la nuit de mardi à mercredi, j’avais aussi pratiqué une césarienne en extrême urgence pour un petit bébé qui ne supportait plus les contractions de travail… Je pense que tout le monde ne peut pas en dire autant. J’aime mon métier, même si à bientôt 50 ans je commence à fatiguer et à avoir de plus en plus de mal à récupérer de ces gardes chargées, surtout que le lendemain je ne vais pas dormir car le mercredi je m’occuppe de mon fils de 7 ans, et le we aussi bien sûr… Alors oui, je comprends que vous ayez mal vécu votre accouchement si le médecin s’est comporté comme vous l’avez expliqué, mais il ne faut pas mettre tout le monde dans le même sac! Il y a encore des médecins qui font de leur mieux pour le bien de leurs patientes, et entendre parler des « violences obstétricales » me fait franchement très mal aussi car je mets du coeur, beaucoup de patience et je donne énormément de mon temps pour mon boulot, souvent au détriment de ma vie de famille et de mes enfants! Voilà, ce n’est en rien contre vous, mais juste pour faire remarquer que « violences obstétricales » est un mot très violent aussi à recevoir en pleine figure quand vous donnez autant pour le bien être des mamans et de leurs bébés!
    Une obstétricienne dévouée parmi tant d’autres

  3. Bergerat dit :

    je me reconnais dans ce texte j ai subi des violences obstétricales lors de mon premier accouchement… déjà du fait que j accouchais à 20 ans les reflexions du genre… faut pas vous plaindre les préservatifs ca existe ! – je suis tombée enceinte sous implant contraceptif- de quel droit on me juge ? ensuite l accouchement en lui même, les sages femmes me forcaient à rester sur le dos, cette position me provoquait des malaises, des évanouissements tant la douleur devenait insupportable. on me donnait des claques pour me rammener…. des claques ! en disant à mon homme que j’étais douillette. La péridurale n’a pas fonctionné l’anesthésiste n’était pas disponible, le gynécologue non plus. je sentais que quelque chose n allait pas je souffrais terriblement quand tout à coup elles se sont mises à appuyer sur mon ventre avec une telle force. Je ne m y attendais pas, je n’ai pas compris. J’ai cru mourir, j’ai cru qu elles allaient tuer mon bébé. le gynécologue est arrivé en pestant c est vendredi soir il finissait sa garde et devait prendre un train. Je lui dit que j avais très mal il me répond c est bon le bébé est sorti donc vous ne sentez plus rien… donc il va chercher le placenta avec sa main, son bras…. je me sens comme une vache , on me vide comme un animal sans aucune compassion ni explication. je souffre toujours, et on me recoud. je réclame une anesthésie locale au moins , je supplie car je n en peux plus. on me la refuse. Je sentais chaque point, l’aiguille me percer… c était la souffrance de trop j’ai rejeté mon bébé je n’étais plus capable de m’en occuper. J avais subi une pré-éclampsie on ne m’a rien dit je l’ai découvert en lisant le compte rendu de l accouchement… mon enfant présentait un retard de croissance in utero, je n arrivais pas à lui donner le sein et elles sont revenus, me pressant le sein comme on presse une orange… j’ai mis une semaine à pouvoir m’en remettre et m’occuper de mon enfant. j’ai du partir dans un autre hôpital pour apprendre à allaiter mon enfant. je ne souhaite à personne cela. par la suite j’ai vécu d’autres accouchement difficiles car éclampsies et urgences mais avec un personnel médical humain cela change tout . vraiment. mon premier accouchement était en 2011.

  4. Ingrid dit :

    Mars 2016, rdv pour la première écho d’un petit deuxième. Le gyneco m’a imposé une écho vaginal. Déjà pas très à l’aise, je me rends sur sa table d’auscultation, et il faut savoir que j’ai un handicap léger qui m’empêche de marcher de manière fluide, et il me dit d’un ton dédaigneux “qu’est ce que vous avez à marcher comme ça”. Je vous assure l’ambiance était… plutôt spéciale… Au moment de l’écho il m’annonce que c’c’est un œuf clair et que je vais faire une fausse couche. Mais avec la phrase qui tue “de toute façon, dans votre état, la nature fait bien les choses.”. C’est la première fois que j’en parle, ça fait du bien de l’exterioriser.

  5. Jazz Ad dit :

    Quelle horreur. Merci de partager votre expérience.

  6. Charlet Ingrid dit :

    Quand je lis ces commentaires, je me dis que j’ai eu de la chance. Ma dernière fille est née il y a 14 ans après 7h de travail mais tout c’est accéléré sur les 45 dernières minutes. La dernière contraction a été si forte que je me suis assise. La tête était là, la sage femme m’a dit de me mettre comme je me sentais le mieux et 3 petites contractions plus tard, ma fille était née. Le tout sans péridurale, le corps médical ayant respecté mon choix. Et avant que vous ne posiez la question, c’était la maternité d’un hôpital public.

  7. AnneSf dit :

    Quand parler des conditions d’exercice du personnel soignant en maternité. Je suis sage-femme depuis 7 ans. J’ai vu des situations de violences obstétricales gratuites: délivrance artificielle par le gynécologue qui ne veut pas attendre la délivrance naturelle (sortie du placenta en passant la main dans l’utérus plutôt que d’attendre qu’il sorte seul), guerre entre les anesthésistes et les gynécologues entraînant pendant quelques années pas de péridurale la nuit et les week-ends pour les patientes. Mais je trouve qu’on omet quand même quelque chose dans ce débat : les conditions d’exercice du personnel soignant en maternité. Dans ma clinique de niveau 1 avec un peu moins de 1000 naissances par an, nous sommes une Sf et une auxiliaire puer en salle de naissances. Quand nous avons à charge une patiente ou 2, il est facile d’écouter les souhaits des patientes et de pouvoir accéder à leur demandes. Seulement parfois il nous arrivent de gérer 4 femmes en travail plus les consultations non programmees le téléphone qui sonne sans arrêt, le menage à faire entre les patientes, les dossiers à remplir … Nous ne sommes donc absolument plus disponible pour les couples présents. Il marrive de plus en plus régulièrement de ne pas avoir le temps de manger correctement sur 12h30 de présence. Alors oui sans doute il m’est arrivé de ne pas prendre le temps d’expliquer tel ou tel chose à un couplé. Mais ceci n’à jamais été volontaire. Pour ma part je quitte la salle daccouchement car je ne supporte plus mes conditions de travail. L’ordre des sage-femme avait fait un communiqué quand au violence obstétrical qui évoquait le problème du manque de personnel. Défendez vos sage-femme qui essaient au maximum de défendre un accouchement conforme aux souhaits des parents.

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